La prévention des fractures de fatigue chez le coureur de fond

La prévention fractures fatigue coureur : Guide complet pour éviter les blessures

La course à pied séduit chaque année des millions de passionnés à travers le monde. Cette discipline, accessible à tous, offre de nombreux bénéfices pour la santé cardiovasculaire, le bien-être mental et la condition physique générale. Cependant, cette activité apparemment simple cache des risques méconnus du grand public. Parmi ces dangers, les fractures de fatigue constituent l’une des blessures les plus redoutables pour les coureurs réguliers.

Ces lésions particulières touchent entre 15 et 20% des coureurs pratiquant régulièrement, selon les études scientifiques récentes. Contrairement aux idées reçues, elles ne résultent pas d’un traumatisme violent mais s’installent progressivement, transformant parfois une saison prometteuse en longue période de convalescence. La prévention fractures fatigue coureur nécessite une approche méthodique et des connaissances précises sur les mécanismes de ces blessures.

Dans ce guide approfondi, nous explorerons ensemble les causes profondes de ces fractures insidieuses, leurs manifestations cliniques, et surtout les stratégies préventives efficaces. Car la véritable performance sportive ne se mesure pas uniquement en chronos ou en distances parcourues, mais dans la capacité à maintenir une pratique régulière et épanouissante sur le long terme.

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Comprendre les fractures de fatigue : mécanismes et particularités

Définition et processus de formation

Les fractures de fatigue, également appelées fractures de stress, constituent un type particulier de lésion osseuse. Elles se développent lorsque l’os subit des contraintes répétées dépassant sa capacité d’adaptation et de régénération naturelle. Le processus physiologique de remodelage osseux implique normalement un équilibre délicat entre la résorption du tissu osseux usé et la formation de nouveau tissu.

Chaque impact du pied au sol génère des microfissures dans la structure osseuse. En temps normal, ces microtraumatismes stimulent les ostéoblastes, cellules responsables de la formation osseuse, qui réparent et renforcent l’os. Cependant, lorsque la fréquence ou l’intensité des contraintes dépasse cette capacité de réparation, les microfissures s’accumulent progressivement jusqu’à former une fracture complète.

Ce phénomène explique pourquoi la prévention fractures fatigue coureur repose avant tout sur la gestion intelligente de la charge d’entraînement et le respect des temps de récupération.

Zones anatomiques les plus vulnérables

Chez les coureurs de fond, certaines zones anatomiques présentent une vulnérabilité accrue aux fractures de fatigue. Cette répartition n’est pas aléatoire mais correspond aux contraintes biomécaniques spécifiques de la course à pied.

Le tibia représente la localisation la plus fréquente, concentrant plus de 50% des cas observés chez les coureurs. Cette prédominance s’explique par sa fonction de support principal lors de la phase d’appui de la foulée. Les contraintes de compression et de flexion répétées fragilisent particulièrement la jonction entre les tiers moyen et distal de l’os.

Les métatarses, ces os longs du pied, constituent la deuxième localisation la plus courante. Le deuxième et le troisième métatarse supportent les forces de propulsion lors de la phase de poussée, les exposant à des contraintes importantes. La biomécanique de la course montre que ces os subissent des forces pouvant atteindre plusieurs fois le poids corporel à chaque foulée.

Le col fémoral, bien que moins fréquemment touché, mérite une attention particulière en raison de la gravité potentielle des complications. Cette localisation concerne davantage les coureuses, notamment celles présentant des troubles du cycle menstruel ou une densité osseuse diminuée.

D’autres sites peuvent être affectés, incluant le calcanéum, le naviculaire, et plus rarement les côtes chez les coureurs de très longue distance. Chaque localisation présente des caractéristiques cliniques et des facteurs de risque spécifiques nécessitant une approche adaptée.

Reconnaître les signes avant-coureurs

Symptomatologie progressive

La reconnaissance précoce des symptômes constitue un élément crucial de la prévention fractures fatigue coureur. Contrairement aux fractures traumatiques qui se manifestent brutalement, les fractures de fatigue s’installent insidieusement selon un schéma évolutif caractéristique.

Le premier stade se caractérise par une douleur sourde et localisée, apparaissant uniquement pendant l’effort. Cette douleur, souvent décrite comme une sensation de « brûlure » ou de « point de côté osseux », tend à disparaître rapidement après l’arrêt de l’activité. À ce stade, beaucoup de coureurs attribuent cette gêne à une fatigue musculaire normale et poursuivent leur entraînement.

Le deuxième stade voit la douleur persister plus longtemps après l’effort et apparaître plus précocement pendant la course. L’intensité augmente progressivement, et la localisation devient plus précise. Le coureur commence à modifier inconsciemment sa foulée pour éviter la douleur, créant parfois des compensations délétères dans d’autres zones.

Au troisième stade, la douleur devient constante, présente même au repos et lors des activités de la vie quotidienne. La marche peut devenir douloureuse, et la palpation de la zone révèle une sensibilité exquise. À ce stade avancé, la fracture est généralement complète et nécessite un arrêt sportif prolongé.

Examens complémentaires et diagnostic

Le diagnostic précoce des fractures de fatigue représente un défi majeur pour les professionnels de santé. L’examen clinique, bien que révélateur, ne suffit pas toujours à confirmer le diagnostic aux stades initiaux.

La radiographie standard constitue l’examen de première intention, mais elle présente des limites importantes. Elle ne révèle les signes de fracture de fatigue qu’après 2 à 8 semaines d’évolution, lorsque le cal osseux de réparation devient visible. Cette latence explique pourquoi de nombreuses fractures de fatigue débutantes passent inaperçues lors du premier bilan radiologique.

L’imagerie par résonance magnétique (IRM) s’impose comme l’examen de référence pour le diagnostic précoce. Elle permet de détecter l’œdème osseux et les modifications de signal caractéristiques dès les premiers jours d’évolution. Cette sensibilité exceptionnelle fait de l’IRM l’outil indispensable pour une prévention fractures fatigue coureur efficace, permettant d’intervenir avant la constitution d’une fracture complète.

La scintigraphie osseuse, bien que moins utilisée actuellement, conserve sa place dans certaines situations complexes ou lorsque l’IRM n’est pas disponible. Elle révèle l’hyperfixation du traceur au niveau des zones de remodelage osseux actif, signalant une souffrance osseuse avant l’apparition de la fracture proprement dite.

Stratégies de prévention : l’approche multifactorielle

Planification intelligente de l’entraînement

La prévention fractures fatigue coureur commence par une programmation rigoureuse de l’entraînement. Cette approche méthodique repose sur plusieurs principes fondamentaux validés par la recherche scientifique et l’expérience de terrain.

Le principe de progressivité constitue la règle d’or de la prévention. L’augmentation du volume d’entraînement ne doit jamais excéder 10% d’une semaine à l’autre. Cette progression graduelle permet aux structures osseuses de s’adapter aux nouvelles contraintes mécaniques. Les recommandations de l’American College of Sports Medicine soulignent l’importance de cette approche progressive pour minimiser les risques de blessure.

La périodisation de l’entraînement joue un rôle crucial dans cette stratégie préventive. L’alternance entre périodes de charge et de récupération permet au processus de remodelage osseux de suivre le rythme des adaptations. Une semaine de décharge tous les trois à quatre semaines, avec une réduction de 20 à 30% du volume habituel, favorise la régénération osseuse et prévient l’accumulation des microfissures.

La diversification des surfaces de course constitue une autre stratégie efficace. L’alternance entre asphalte, chemins forestiers, piste d’athlétisme et tapis de course modifie la répartition des contraintes mécaniques sur le squelette. Cette variation sollicite différemment les structures osseuses et prévient la surcharge localisée qui favorise l’apparition des fractures de fatigue.

L’intégration d’activités complémentaires dans le programme d’entraînement renforce cette approche préventive. Le travail en piscine, le cyclisme, ou l’elliptique maintiennent la condition cardiovasculaire tout en réduisant les contraintes d’impact sur le squelette. Ces activités portées ou semi-portées permettent de maintenir un volume d’entraînement élevé sans augmenter le risque de fracture de fatigue.

Optimisation de l’équipement

L’équipement du coureur, en particulier les chaussures, joue un rôle déterminant dans la prévention fractures fatigue coureur. Ces interfaces entre le corps et le sol modifient significativement la transmission des forces d’impact et leur répartition dans le squelette.

Le renouvellement régulier des chaussures constitue une mesure préventive fondamentale souvent négligée. La capacité d’amortissement de la semelle diminue progressivement avec l’usage, même lorsque l’aspect extérieur semble encore correct. La plupart des experts recommandent un remplacement tous les 600 à 800 kilomètres, selon le poids du coureur, son style de foulée et les surfaces de course privilégiées.

Le choix du modèle de chaussure doit être personnalisé en fonction de la morphologie du pied, du type de foulée et du terrain de prédilection. Une analyse biomécanique de la course peut révéler des particularités nécessitant des caractéristiques spécifiques : correction de la pronation, soutien de la voûte plantaire, ou amortissement renforcé dans certaines zones.

Pour certains coureurs présentant des anomalies biomécaniques, le recours aux semelles orthopédiques s’avère bénéfique. Ces orthèses sur mesure, réalisées après un bilan podologique complet, permettent de redistribuer les pressions plantaires et de corriger les défauts d’alignement susceptibles de favoriser les fractures de fatigue. Leur efficacité dans la prévention des blessures de surcharge est documentée par plusieurs études scientifiques.

L’utilisation d’équipements complémentaires peut également contribuer à la prévention. Les chaussettes techniques, les manchons de compression, ou encore les vêtements thermorégulants participent au confort et à la performance tout en réduisant certains facteurs de risque.

Nutrition et santé osseuse

La nutrition constitue un pilier fondamental de la prévention fractures fatigue coureur. La santé osseuse dépend étroitement des apports nutritionnels, particulièrement en calcium, vitamine D, protéines et autres micronutriments essentiels au métabolisme osseux.

Le calcium représente le minéral le plus abondant du squelette et sa disponibilité conditionne directement la qualité de la matrice osseuse. Les besoins quotidiens d’un coureur régulier se situent entre 1000 et 1200 mg par jour. Les sources alimentaires privilégiées incluent les produits laitiers, mais aussi les légumes verts à feuilles (brocolis, chou kale, épinards), les amandes, les sardines avec arêtes, et certaines eaux minérales riches en calcium.

La vitamine D joue un rôle crucial dans l’absorption intestinale du calcium et sa fixation sur la matrice osseuse. La synthèse cutanée par exposition solaire constitue la source principale, mais elle peut s’avérer insuffisante durant les mois d’hiver ou chez les coureurs s’entraînant principalement en intérieur. La Société Française de Rhumatologie recommande un dosage sanguin annuel et une supplémentation si nécessaire, particulièrement chez les coureurs à risque.

Les protéines constituent les composants structuraux de la matrice osseuse et leur apport conditionne la qualité du remodelage osseux. Les besoins d’un coureur régulier se situent entre 1,2 et 1,6 grammes par kilogramme de poids corporel. La répartition sur la journée optimise l’utilisation, avec un apport protéique à chaque repas et collation.

D’autres nutriments participent à la santé osseuse : le magnésium (cofacteur enzymatique), le zinc (synthèse du collagène), les vitamines K et C (matrice osseuse), et les oméga-3 (modulation de l’inflammation). Une alimentation variée et équilibrée couvre généralement ces besoins, mais certaines situations peuvent nécessiter une supplémentation ciblée.

Facteurs de risque spécifiques chez les coureurs

Particularités chez les coureuses

Les coureuses présentent des spécificités physiologiques qui modifient leur profil de risque concernant les fractures de fatigue. Ces particularités nécessitent une approche préventive adaptée tenant compte des différences hormonales, morphologiques et comportementales.

Le syndrome de la triade de l’athlète féminine constitue le facteur de risque le plus documenté chez les coureuses de fond. Cette entité associe troubles du comportement alimentaire, aménorrhée et ostéoporose. La restriction calorique, parfois recherchée pour optimiser le rapport poids/performance, peut conduire à une disponibilité énergétique insuffisante pour maintenir les fonctions physiologiques normales.

Cette restriction énergétique perturbe l’axe hypothalamo-hypophysaire, entraînant une diminution de la production d’œstrogènes. Ces hormones jouent un rôle protecteur sur le métabolisme osseux, et leur déficit accélère la résorption osseuse. La densité minérale osseuse diminue progressivement, fragilisant le squelette et augmentant considérablement le risque de fracture de fatigue.

La morphologie féminine influence également la biomécanique de la course. L’angle Q plus important chez les femmes (angle entre le fémur et le tibia) modifie la répartition des contraintes mécaniques. Cette particularité anatomique peut favoriser certaines localisations de fractures de fatigue, notamment au niveau du tibia et du col fémoral.

La prévention fractures fatigue coureur chez les femmes nécessite donc une surveillance particulière de l’équilibre énergétique, du cycle menstruel et de la densité osseuse. Un suivi gynécologique régulier et une évaluation nutritionnelle permettent de détecter précocement les signes de la triade de l’athlète féminine.

Impact de l’âge et de l’expérience

L’âge influence significativement le risque de fracture de fatigue, mais de manière non linéaire. Les coureurs débutants, quel que soit leur âge, présentent un risque élevé durant les premiers mois de pratique. Cette vulnérabilité s’explique par l’adaptation progressive des structures osseuses aux nouvelles contraintes mécaniques de la course.

Chez les coureurs novices, l’enthousiasme initial peut conduire à une progression trop rapide du volume d’entraînement. L’absence d’expérience dans l’écoute des signaux corporels aggrave ce risque. La prévention fractures fatigue coureur chez les débutants repose donc principalement sur l’éducation et l’accompagnement par des professionnels expérimentés.

À l’opposé, les coureurs vétérans (plus de 40 ans) présentent des facteurs de risque spécifiques liés au vieillissement physiologique. La densité osseuse diminue naturellement avec l’âge, particulièrement après la ménopause chez les femmes. La capacité de récupération s’amenuise également, nécessitant des temps de repos plus longs entre les séances intensives.

Paradoxalement, les coureurs très expérimentés peuvent développer une forme de « surconfiance » les amenant à ignorer les signaux d’alarme précoces. Cette négligence, associée à une pratique intensive sur de nombreuses années, peut créer un terrain favorable aux fractures de fatigue.

Prévention active : exercices et renforcement

Renforcement musculaire spécifique

Le renforcement musculaire constitue un élément essentiel de la prévention fractures fatigue coureur. Les muscles exercent des contraintes directes sur les os par leurs insertions tendineuses, stimulant le remodelage osseux selon la loi de Wolff. De plus, une musculature forte et équilibrée améliore la biomécanique de course et réduit les contraintes délétères sur le squelette.

Le renforcement des muscles de la chaîne postérieure (fessiers, ischio-jambiers, mollets) améliore l’efficacité de la foulée et réduit les forces d’impact. Les exercices pliométriques contrôlés, comme les sauts sur box ou les bonds, stimulent spécifiquement l’adaptation osseuse par leur caractère impulsif. Ces exercices doivent être intégrés progressivement dans le programme d’entraînement, en respectant les principes de progression et de récupération.

Le gainage et le renforcement du core (muscles profonds du tronc) participent à la stabilisation du bassin et à l’optimisation de la transmission des forces. Une sangle abdominale faible peut entraîner des compensations biomécaniques favorisant l’apparition de fractures de fatigue dans les membres inférieurs.

Le travail proprioceptif sur surfaces instables améliore la qualité de l’appui et la réactivité neuromusculaire. Cette approche préventive est particulièrement bénéfique pour les coureurs pratiquant en terrain varié ou présentant des antécédents de blessures.

Étirements et récupération

La récupération active fait partie intégrante de la prévention fractures fatigue coureur. Les étirements, bien que ne prévenant pas directement les fractures de fatigue, contribuent au maintien de la souplesse et à l’optimisation de la biomécanique de course.

Les étirements statiques, pratiqués à distance de l’entraînement, permettent de maintenir les amplitudes articulaires et de réduire les tensions musculaires excessives. Une attention particulière doit être portée aux muscles souvent raccourcis chez les coureurs : fléchisseurs de hanche, mollets, et chaîne postérieure.

Les techniques de récupération passive (massage, automassage, compression pneumatique) favorisent la circulation sanguine et lymphatique, optimisant les processus de réparation tissulaire. L’utilisation de rouleaux de massage (foam roller) s’est démocratisée et constitue un outil efficace d’automassage accessible à tous les coureurs.

La qualité du sommeil influence directement les processus de récupération et de régénération osseuse. L’hormone de croissance, sécrétée principalement durant le sommeil profond, joue un rôle crucial dans le remodelage osseux. La prévention fractures fatigue coureur passe donc aussi par une hygiène de sommeil optimale.

Gestion de l’environnement d’entraînement

Adaptation aux conditions climatiques

Les conditions environnementales influencent significativement le risque de fracture de fatigue, particulièrement par leurs effets sur la biomécanique de course et la récupération. La prévention fractures fatigue coureur doit intégrer ces paramètres externes souvent négligés.

Les températures extrêmes modifient la physiologie de l’effort et peuvent indirectement augmenter le risque de blessure. Par temps chaud, la déshydratation altère la capacité de récupération et peut compromettre la qualité des séances d’entraînement. L’hydratation optimale maintient la viscosité sanguine et favorise le transport des nutriments vers les tissus en réparation.

Le froid intense peut entraîner une diminution de la souplesse musculaire et articulaire, modifiant la biomécanique de course. Un échauffement prolongé et adapté aux conditions hivernales prévient ces effets délétères. L’équipement thermique approprié maintient la température corporelle et préserve la qualité gestuelle.

L’altitude présente des défis spécifiques pour les coureurs. La diminution de la pression partielle en oxygène modifie le métabolisme énergétique et peut affecter la capacité de récupération. Une acclimatation progressive et une adaptation du programme d’entraînement sont nécessaires lors de stages en altitude.

Planification saisonnière

La planification saisonnière constitue un aspect fondamental de la prévention fractures fatigue coureur. Cette approche à long terme permet d’optimiser les adaptations physiologiques tout en minimisant les risques de surcharge.

La périodisation classique alterne phases de préparation, de compétition et de récupération. Cette cyclisation respecte les rythmes biologiques naturels et évite l’accumulation de fatigue sur de longues périodes. La phase de préparation générale, généralement située en hiver, privilégie le développement de la condition physique générale avec un volume d’entraînement progressif.

La période de préparation spécifique intensifie le travail technique et la spécialisation vers l’objectif de saison. Cette phase requiert une vigilance accrue concernant les signaux de surcharge, car l’intensification peut masquer les premiers signes de fracture de fatigue.

La saison de compétition nécessite un équilibre délicat entre maintien de la forme et préservation de l’intégrité physique. La gestion de la charge d’entraînement entre les épreuves importantes détermine la capacité à performer tout en évitant les blessures.

La période de récupération, souvent négligée par les coureurs passionnés, s’avère cruciale pour la régénération osseuse et la prévention des fractures de fatigue. Cette phase permet aux structures sollicitées de se réparer complètement avant d’aborder un nouveau cycle d’entraînement.

Suivi médical et prévention secondaire

Bilans préventifs réguliers

Le suivi médical régulier constitue un pilier essentiel de la prévention fractures fatigue coureur. Cette approche proactive permet de détecter précocement les facteurs de risque et d’adapter la pratique sportive en conséquence.

Le bilan médical annuel doit inclure une évaluation de la densité osseuse chez les coureurs à risque : femmes ménopausées, coureurs avec antécédents de fractures, ou pratiquants de très haut niveau. L’ostéodensitométrie (DEXA) constitue l’examen de référence pour quantifier la densité minérale osseuse et identifier une fragilité osseuse infraclinique.

Les dosages biologiques complètent cette évaluation : vitamine D, calcium, phosphore, et marqueurs du remodelage osseux. Ces analyses permettent de détecter des carences nutritionnelles ou des déséquilibres métaboliques favorisant les fractures de fatigue.

L’évaluation biomécanique par un professionnel qualifié identifie les défauts techniques susceptibles d’augmenter les contraintes sur certaines zones osseuses. Cette analyse peut révéler des asymétries, des déséquilibres musculaires ou des défauts d’alignement nécessitant une correction.

Rôle du suivi pluridisciplinaire

La prévention fractures fatigue coureur bénéficie d’une approche pluridisciplinaire associant différents professionnels de santé. Cette collaboration optimise la prise en charge préventive et personnalise les recommandations selon le profil de chaque coureur.

Le médecin du sport assure la coordination de ce suivi et l’évaluation globale du coureur. Son expertise permet d’identifier les facteurs de risque spécifiques et d’adapter les recommandations générales au contexte individuel.

Le kinésithérapeute contribue à l’évaluation biomécanique et propose des exercices correctifs ciblés. Son intervention s’avère particulièrement précieuse pour les coureurs présentant des déséquilibres musculaires ou des antécédents de blessures.

Le podologue du sport analyse la biomécanique du pied et de la cheville, zones cruciales dans la transmission des forces d’impact. Ses recommandations concernant le chaussage et les éventuelles orthèses plantaires participent directement à la prévention.

Le nutritionniste optimise l’alimentation du coureur pour soutenir la santé osseuse et la récupération. Ses conseils personnalisés tiennent compte des besoins spécifiques liés à l’entraînement et aux objectifs de performance.

Retour à la course après fracture de fatigue

Protocole de reprise progressive

Le retour à la course après une fracture de fatigue nécessite un protocole rigoureux pour éviter les récidives. Cette phase critique détermine souvent le succès à long terme de la réathlétisation et la prévention de nouvelles blessures.

La première étape consiste en une période de repos complet dont la durée dépend de la localisation et de la sévérité de la fracture. Cette phase peut s’étendre de 6 à 12 semaines selon les cas. Le maintien de la condition cardiovasculaire par des activités portées (natation, aquajogging) préserve les adaptations acquises sans solliciter l’os en cours de consolidation.

La reprise de la course débute par des séances très courtes (10-15 minutes) à allure très modérée, sur terrain souple de préférence. L’augmentation du volume suit la règle des 10% hebdomadaires, avec une vigilance accrue concernant la réapparition de douleurs. Cette progression ultra-conservative peut paraître frustrante mais constitue le gage d’une récupération complète.

L’intensité n’est réintroduite qu’après consolidation complète confirmée par l’imagerie de contrôle et absence totale de symptômes durant plusieurs semaines de course à allure modérée. Cette phase peut prendre plusieurs mois, mais elle conditionne la capacité à retrouver un niveau de performance optimal sans récidive.

Prévention des récidives

Les coureurs ayant présenté une fracture de fatigue développent un risque accru de récidive, particulièrement durant la première année suivant la blessure. La prévention fractures fatigue coureur prend alors une dimension encore plus cruciale, nécessitant une vigilance permanente et des adaptations définitives du mode d’entraînement.

L’identification et la correction des facteurs ayant favorisé la première fracture constituent la priorité absolue. Cette analyse rétrospective peut révéler des erreurs d’entraînement, des carences nutritionnelles, ou des défauts biomécaniques nécessitant une prise en charge spécifique.

L’adaptation permanente du programme d’entraînement intègre les leçons tirées de cette expérience douloureuse. La planification devient plus conservative, avec des périodes de récupération plus fréquentes et une attention accrue aux signaux d’alerte précoces.

Le suivi médical se renforce avec des contrôles plus rapprochés et une surveillance particulière des zones à risque. Cette vigilance médicale permet d’intervenir précocement en cas de récidive débutante, évitant l’évolution vers une fracture complète.

Conclusion : Une approche globale pour une course durable

La prévention fractures fatigue coureur ne se résume pas à l’application de quelques règles simples, mais nécessite une approche globale et personnalisée. Cette démarche préventive s’inscrit dans une philosophie de pratique sportive respectueuse de la physiologie et orientée vers la durabilité.

L’éducation du coureur constitue le fondement de cette prévention. La compréhension des mécanismes de ces blessures particulières permet d’adopter des comportements préventifs éclairés et de résister aux tentations de la surcharge d’entraînement. Cette connaissance transforme le coureur en acteur responsable de sa propre santé sportive.

La patience et l’humilité face aux signaux corporels représentent des qualités essentielles souvent négligées dans une société axée sur la performance immédiate. Savoir ralentir temporairement pour préserver sa capacité à courir sur le long terme témoigne d’une maturité sportive précieuse.

L’intégration de ces principes préventifs dans la routine d’entraînement ne constitue pas un frein à la performance, mais au contraire un investissement pour l’avenir. Les plus grands champions de course de fond se distinguent souvent par leur capacité à maintenir un niveau élevé sur de nombreuses années, témoignage d’une gestion intelligente de leur capital santé.

La course à pied demeure une activité merveilleuse, source de bien-être et d’épanouissement personnel. Les fractures de fatigue ne doivent pas effrayer les coureurs passionnés, mais les inciter à adopter une approche plus réfléchie et respectueuse de leur corps. Car la véritable victoire ne se mesure pas en une seule course, mais dans la capacité à courir toute une vie, en savourant chaque foulée et en préservant cette liberté unique que procure la course à pied.

 

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